The Fox Wizard

Le Renard Magicien

Ross Cline — iLearn.tw

🍃 une petite histoire de la forêt 🍂

Le Renard magicien

au-delà des Montagnes Bleues, près de la Rivière Murmurante 🌿

Première partie

Il y a bien longtemps, au-delà des Montagnes Bleues et près de la Rivière Murmurante, vivait un Castor très travailleur.

Le Castor était arrivé d’une forêt lointaine plusieurs années auparavant. Il était venu avec un petit sac, deux lunettes rondes et un cœur plein d’espoir. Avec patience, branche après branche, il s’était construit une petite maison bien chaude juste au bord de l’eau.

Chaque jour, le Castor aidait les jeunes animaux de la forêt. Il leur apprenait de nouveaux mots. Il leur montrait comment raconter de meilleures histoires. Et surtout, il les aidait à découvrir la magie tranquille de la lecture d’un livre.

Les animaux de la forêt respectaient le Castor, car il travaillait honnêtement, tenait ses promesses et croyait toujours qu’il y avait quelque chose de nouveau et de merveilleux à apprendre.

Un automne doré, le Castor termina d’écrire son deuxième petit magazine. Il l’attacha avec un brin d’herbe et le posa fièrement sur sa table. Il était rempli d’idées originales et de questions curieuses sur le vaste monde.

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Certains animaux en gloussèrent. D’autres se grattèrent la tête. Et quelques-uns pensèrent que le Castor était devenu assez ridicule.

Mais le Castor ne s’en souciait pas, pas le moins du monde. Il adorait simplement poser des questions. Pour lui, une bonne question était comme une petite porte — on ne savait jamais quelle merveilleuse pièce pouvait attendre de l’autre côté.

Un soir de pluie, tandis que le feu crépitait, chaud et orange, dans sa maison, on frappa doucement à la porte. Toc, toc, toc.

Dehors, sous la pluie, se tenait un beau Renard vêtu de longues robes bleues couvertes de minuscules étoiles argentées.

« Puis-je entrer ? » demanda le Renard avec un sourire chaleureux et doux. « J’ai lu ton magazine. »

Le Castor était ravi. Très peu d’animaux en avaient dit quoi que ce soit de gentil. Il ouvrit grand la porte et invita le Renard à entrer pour faire sécher ses robes près du feu.

À partir de ce soir-là, tous deux partagèrent souvent une marmite de thé fumant aux aiguilles de pin et parlèrent jusque tard dans la nuit, tandis que la rivière murmurait sa berceuse dehors. Le Castor croyait de tout son cœur avoir trouvé un merveilleux nouvel ami.

Bientôt, le Renard présenta le Castor au reste de son cercle d’amis de la forêt.

Il y avait Merry le Moqueur, dont les beaux chants pouvaient rendre ensoleillée même la journée la plus pluvieuse.

Il y avait Flash le Faucon pèlerin, qui adorait filer dans les nuages plus vite que n’importe qui dans tout le ciel.

Il y avait Cedar la Chèvre des montagnes, qui escaladait des falaises impossibles et cuisinait les repas les plus délicieux pour chaque rassemblement.

Et il y avait Bramble l’Ours brun, qui riait fort, parlait fort et faisait des câlins encore plus forts.

Le Castor les aimait tous. Chaque fois qu’ils se réunissaient sous le grand chêne, dont les branches s’étendaient comme un immense parapluie vert, toute la forêt semblait un tout petit peu plus heureuse.

Puis, lentement, quelque chose d’étrange commença à se produire.

Un printemps, Merry le Moqueur cessa de chanter. Le petit oiseau s’était envolé très loin, disait-on. Et la forêt devint sensiblement plus silencieuse sans son chant.

L’année suivante, Flash le Faucon disparut après l’une de ses grandes aventures de course dans les nuages. « Il aimait tant la vitesse », murmurèrent tristement les animaux. « Peut-être que le vent l’a simplement emporté très loin. »

Une autre année passa. Un matin lumineux, Cedar la Chèvre des montagnes enfourcha son petit vélo et monta dans les hautes montagnes, souriant comme toujours sous les nuages. Il ne revint jamais. Et les montagnes, hautes et grises, gardèrent le silence.

Le Castor attendit. Tout le monde aussi. Mais personne ne revint.

Saison après saison, les réunions sous le vieux chêne devinrent de plus en plus petites. Et les places vides autour du cercle devinrent de plus en plus faciles à remarquer.

Un après-midi tranquille, tandis qu’ils partageaient leur thé, le Castor remarqua quelque chose qui le troubla profondément.

Le Renard se mit à parler de Bramble l’Ours. Ce n’était pas une déception ordinaire. Ni l’inquiétude douce d’un ami. Mais une colère féroce et soudaine. Son gentil sourire disparut. Ses yeux devinrent froids comme la glace en hiver, et ses paroles se firent tranchantes.

Le Castor n’avait jamais entendu personne parler ainsi. Puis — aussi vite que l’orage était arrivé — le Renard sourit de nouveau, chaleureusement et joyeusement, comme si rien ne s’était passé.

Le Castor sentit un petit frisson glacé jusque dans ses pattes.

Au fil du temps, le Castor remarqua autre chose. Chaque fois qu’un autre animal trébuchait ou échouait, le Renard semblait toujours étrangement heureux. Chaque fois qu’une triste nouvelle arrivait dans la forêt, le Renard l’écoutait avec un intérêt intense et brillant.

Le Castor ne parvenait jamais tout à fait à comprendre pourquoi. Il croyait, au fond de son cœur, que les vrais amis s’aident à se relever — et ne se réjouissent jamais, au grand jamais, lorsqu’un autre tombe.

Puis, une année, la vie paisible du Castor changea soudainement.

Sa maison confortable avait disparu. Ses économies soigneusement mises de côté s’étaient envolées. Et son long et heureux voyage dans cette forêt prit fin de façon inattendue. Beaucoup d’animaux qu’il avait aidés se détournèrent simplement, sans jamais demander ce qui s’était passé.

Alors le Castor rassembla ses quelques affaires, essuya ses lunettes rondes et recommença tranquillement dans une nouvelle contrée au-delà des montagnes.

Parfois, en construisant une autre petite maison près d’une autre rivière murmurante, il se souvenait du Renard. Il se souvenait de son sourire chaleureux. Il se souvenait de ses paroles habiles. Il se souvenait des amis qui avaient disparu, un à un. Et il se souvenait des yeux froids, cachés juste derrière un visage amical.

Peut-être que tout avait une explication simple. Peut-être que ce n’était qu’une coïncidence. Le Castor ne pourrait jamais le savoir avec certitude, et il ne prétendait pas le savoir.

Mais il avait appris quelque chose qui resterait avec lui durant toutes les saisons de sa vie :

Tous les sourires ne signifient pas que quelqu’un vous veut du bien.
Les vrais amis rendent votre monde plus lumineux.
Les faux amis le rétrécissent peu à peu.

Des années plus tard, les jeunes animaux de la forêt demandaient souvent au Castor pourquoi le méchant de toutes ses histoires ressemblait à un Renard déguisé en Magicien.

Le Castor souriait doucement et posait son livre.

« Les robes, disait-il, me rappellent que les apparences peuvent nous tromper. La magie me rappelle que les mots peuvent parfois ressembler à des sortilèges. Et le Renard… »

Il regarda vers le lever du soleil, chaud et doré au-dessus de l’eau.

« … le Renard me rappelle qu’il ne faut pas juger les autres d’après leur charme apparent, mais d’après la façon dont ils traitent les créatures qui les entourent. »

Les petits animaux hochèrent la tête avec réflexion. Et cela, pensèrent-ils, était la fin de l’histoire.

Mais ce n’était pas la fin. Car la toute meilleure partie restait encore à venir.

Deuxième partie

La rivière au-delà des montagnes

Lorsque le Castor quitta son ancienne maison, il emporta très peu de choses. Une charrette. Une couverture. Quelques livres précieux. Une boîte de crayons de couleur. Ses petits magazines. Et une pierre lisse de la rivière où il avait construit sa toute première maison.

Il s’arrêta près du vieux barrage une dernière fois et posa sa patte sur le bois.

« Je ne sais pas où je vais, murmura-t-il. Mais je sais que je continuerai à construire. »

Puis il traversa les Montagnes Bleues.

Le voyage fut long. Certaines nuits, il dormait sous une couverture d’étoiles brillantes. D’autres nuits, la pluie crépitait sur sa charrette. Et parfois, il se demandait en silence s’il se sentirait un jour de nouveau chez lui. La seule chose qui le faisait continuer à avancer était l’espoir — petit et constant, comme une bougie qu’il protégeait entre ses pattes.

Au loin, la vieille Grand-mère du Castor était tombée très malade. Il alla donc la rejoindre et resta auprès d’elle chaque jour, lisant des histoires à voix haute et tenant sa patte pendant que la bouilloire chantait.

Un après-midi tranquille, tandis que le Castor lui préparait une tasse de thé chaud, une minuscule tarentule toute duveteuse traversa le rebord de la fenêtre. Elle portait le plus petit rouleau de parchemin que l’on eût jamais vu.

Le Castor sourit gentiment. « Eh bien, bonjour toi. »

Il dénoua soigneusement le petit ruban. Le message disait simplement :

« La vieille rivière t’a oublié. »

Il n’y avait aucune signature. Il n’y en avait pas besoin.

Le Castor plia tranquillement le parchemin et le glissa entre les pages d’un vieux carnet. Puis il sourit d’un sourire calme et assuré.

« Je n’ai pas oublié comment construire. »

La petite tarentule cligna de ses huit yeux. Elle s’était attendue à une réaction bien différente. Après un moment, elle repartit discrètement en courant vers la forêt.

Les semaines devinrent des mois. Les mois devinrent des saisons. Et au-delà des montagnes, le Castor trouva une autre belle rivière. L’eau scintillait au soleil du matin. De grands pins se balançaient dans la brise. Et des oiseaux chantaient des mélodies qu’il n’avait jamais entendues auparavant.

« Ce n’est pas mon ancienne maison, dit doucement le Castor. Mais peut-être… peut-être que cela pourrait en devenir une nouvelle. »

Alors il commença. Une bûche. Puis une autre. Puis encore une autre.

Un Lapin curieux apporta des brindilles. Une famille de Loutres fit flotter des branches vers l’aval. Un élan puissant tira d’énormes troncs d’arbres. Des oiseaux bleus rassemblèrent des fleurs colorées. Et même les Écureuils affairés insistèrent pour aider.

Bientôt, un merveilleux petit village se dressa près de la rivière. Le Castor construisit une maison de lecture confortable. Une minuscule école. Un pont au-dessus du ruisseau. Et une bibliothèque remplie d’histoires venues de forêts du monde entier.

Les animaux venaient de près ou de loin. Certains voulaient apprendre. Certains voulaient enseigner. Et certains voulaient simplement trouver un endroit paisible où ils pourraient se sentir à leur place. Le petit village devenait plus heureux à chaque saison.

Un soir, une autre minuscule tarentule arriva. Cette fois, elle ne portait aucun message. Elle observa simplement le rire qui s’échappait de la petite bibliothèque. Des enfants écoutaient l’une des histoires du Castor. Des parents souriaient. Et des lanternes brillaient chaleureusement à chaque fenêtre.

La petite araignée regarda tout autour d’elle avec émerveillement. Personne ne semblait avoir peur. Personne ne se disputait. Tout le monde était simplement… heureux. Et la tarentule se dépêcha de retourner à travers la forêt pour raconter ce qu’elle avait vu.

Au plus profond des vieux bois, le Renard magicien attendait. « Quelles nouvelles ? » demanda-t-il.

La petite araignée lui tendit un minuscule parchemin. Le Renard l’ouvrit. Il disait : « Le Castor construit de nouveau. »

Un autre parchemin. « Le Castor a beaucoup de nouveaux amis. »

Un autre. « Des animaux viennent de toutes les forêts pour lui rendre visite. »

Un autre. « Ses histoires font sourire tout le monde. »

Les oreilles du Renard s’abaissèrent lentement. Il avait passé tant de temps à observer le chemin du Castor qu’il avait complètement oublié de suivre le sien. Et pour la première fois depuis de très, très nombreuses années, la forêt autour de lui semblait étrangement, douloureusement silencieuse.

Sans dire un mot, le Renard leva les pattes et retira son grand chapeau bleu de magicien. Il le posa doucement sur une vieille souche. La petite tarentule grimpa sur le chapeau et leva les yeux vers lui.

Le Renard sourit d’un petit sourire fatigué. « Je crois, dit-il doucement, que je courais après les mauvaises choses. »

Ensemble, le Renard et la petite araignée s’enfoncèrent davantage dans la forêt. Personne ne sut jamais vraiment où ils étaient allés. Certains pensaient qu’ils cherchaient une manière plus gentille de vivre. D’autres imaginaient qu’ils avaient ouvert une minuscule librairie quelque part au-delà des collines. Personne ne le sut vraiment avec certitude.

Mais on ne revit jamais le Renard magicien porter ses robes de magicien.

Bien des années plus tard, le Castor revint visiter la rivière où sa toute première maison s’était autrefois dressée. La forêt avait changé. De jeunes arbres avaient grandi. De nouvelles familles de castors s’éclaboussaient joyeusement dans l’eau. Et des enfants jouaient à l’endroit même où il avait autrefois travaillé si dur.

Le Castor sourit. Et il comprit quelque chose de merveilleux.

La maison n’était pas un endroit. La maison était partout où l’on construisait la gentillesse.

Il ramassa une pierre lisse et la fit ricocher sur l’eau.

Un…  deux…  trois…  quatre…  cinq…

Chaque vague s’étendit plus loin que la précédente. Tout comme la gentillesse. Et tout comme l’espoir.

Fin 🌿

Morale : Un cœur gentil peut construire une nouvelle maison partout où il va.
La plus grande victoire n’est pas de prouver que quelqu’un a tort —
c’est de continuer à faire ce qui est juste.

📖 Les mots à connaître

Apprends ces mots tirés de l’histoire !

honnête — qui dit toujours la vérité. Le Castor était honnête et gentil.

promesse — dire que l’on fera vraiment quelque chose. Il tenait toujours sa promesse.

se rassembler — venir ensemble au même endroit. Ils se rassemblent sous le grand chêne.

disparaître — partir, de sorte que l’on ne puisse plus être vu. Un ami commença à disparaître.

frisson — une petite sensation de froid. Le Castor sentit un frisson.

coïncidence — lorsque des choses arrivent ensemble par hasard, sans avoir été prévues. Ce n’était peut-être qu’une coïncidence.

caractère — ce qu’une personne est vraiment, au fond d’elle-même. Il faut du temps pour découvrir le caractère de quelqu’un.

voyage — un long trajet d’un endroit à un autre. Son voyage au-dessus des montagnes fut long.

avoir sa place — avoir un endroit heureux où l’on se sent bien. Tout le monde veut avoir un endroit où il a sa place.

gentillesse — être chaleureux et bon avec les autres. La maison est partout où l’on construit la gentillesse.

🦉 Réfléchis à l’histoire

Choisis ta réponse, puis touche l’écran pour voir si tu as raison !

1. Qu’aimait faire le Castor pour aider les jeunes animaux ?
a) voler haut   b) lire et raconter des histoires   c) nager vite

b) lire et raconter des histoires — il aimait leur enseigner de nouveaux mots. 📚

2. Que portait le Renard ?
a) un chapeau rouge   b) des bottes vertes   c) des robes bleues avec des étoiles argentées

c) des robes bleues avec des étoiles argentées — comme un magicien. ✨

3. Comment le Renard se comportait-il lorsque d’autres animaux avaient des problèmes ?
a) il était étrangement heureux   b) il pleurait   c) il les aidait

a) il était étrangement heureux — et cela troublait le Castor. ❄️

4. Qu’a fait le Castor après avoir perdu son ancienne maison ?
a) il a abandonné   b) il a recommencé à construire   c) il est resté en colère

b) il a recommencé à construire — « Je n’ai pas oublié comment construire. » 🔨

5. À la fin, qu’a fait le Renard de son chapeau de magicien ?
a) il l’a porté pour toujours   b) il l’a posé et est parti   c) il l’a donné au Castor

b) il l’a posé et est parti — pour chercher une manière plus gentille de vivre. 🎩

6. Qu’a appris le Castor à propos de la maison ?
a) la maison n’est qu’un seul endroit   b) la maison est partout où l’on construit la gentillesse   c) la maison est très loin

b) la maison est partout où l’on construit la gentillesse — la plus belle leçon de toutes. 💚

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Histoire inspirée de ceci.

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