A Letter from a Canadian Exiled from His Home in Taiwan

Lettre d’un Canadien exilé de son foyer à Taïwan

11 janvier 2026

Correction du 11 octobre 2026. Cette lettre est conservée telle qu’elle a été rédigée en janvier 2026, avant que je lise les jugements des tribunaux, qui ne m’ont jamais été traduits. Trois détails y sont imprécis, et la version vérifiée figure sur ma page de presse : le portail s’est effondré en novembre 2020, et non en 2019 ; les tribunaux ont conclu qu’en 2021, pendant le litige avec ma propriétaire, j’avais publié en ligne des documents contenant ses données personnelles, dont notre bail, et qu’une partie de ces documents était restée en ligne pendant des mois, alors que, selon mon propre récit, le bail n’est resté en ligne qu’environ deux jours et les témoins que j’avais demandé à faire entendre sur ce point n’ont jamais été convoqués ; et la procédure s’est déroulée de 2021 à un jugement définitif de la Cour suprême le 16 octobre 2024. Je ne demande à personne de rejuger les faits. Le reste de la lettre, et ce qu’elle demandait à Ottawa, demeure valable. Ce qu’Ottawa en a fait est désormais documenté : en octobre 2026, Affaires mondiales Canada a publié l’intégralité de mon dossier consulaire en vertu de la Loi sur la protection des renseignements personnels, et j’ai exposé ce qu’il contient, dans les propres mots du ministère et avec les numéros de page, dans 551 pages : ce que le Canada a fait, et n’a pas fait.

Lettre officielle (reproduite telle qu’elle a été écrite)

Madame, Monsieur, représentant du gouvernement canadien à Ottawa,

Je ne suis pas avocat. Je ne suis pas une figure politique. Je suis simplement un Canadien dont la vie a été démantelée par un système en lequel j’avais autrefois confiance.

Je suis arrivé à Taïwan à dix-huit ans. Je n’y suis pas allé en touriste. J’y suis allé pour y vivre. Quinze ans plus tard, Taïwan était toujours mon foyer. J’y ai fondé une entreprise. J’y ai bâti une communauté. J’y ai noué des relations qui comptaient profondément pour moi. Je croyais en Taïwan comme en un lieu régi par l’équité et l’état de droit, et j’en ai fait ma vie.

Ce qui a fini par détruire cette vie n’a pas commencé comme un litige juridique. Cela a commencé par un incident de sécurité effrayant.

Un lourd portail métallique coulissant de ma résidence a cédé peu après qu’on m’a dit qu’il avait été réparé. Il s’est effondré d’une manière qui aurait facilement pu tuer quelqu’un. La télévision nationale taïwanaise a couvert l’incident, et un médecin interviewé à l’antenne a déclaré que des portails de ce type peuvent peser plus d’une tonne et être mortels pour quiconque se trouve dessous.

Après cela, je suis resté des semaines sans porte sécurisée donnant sur la rue. Mes affaires étaient exposées. Je ne me sentais pas en sécurité chez moi.

Comme je ne sais pas lire le chinois, j’ai publié mon contrat de location afin de démontrer que le propriétaire était responsable de l’entretien du portail. Mon intention n’était pas de divulguer des renseignements personnels. Mon intention était de rétablir une sécurité élémentaire.

Lorsqu’on m’a demandé de retirer le document, je me suis excusé immédiatement et je l’ai retiré.

Quatre ans plus tard, je me retrouve en pratique exilé de Taïwan et sous le coup d’une peine de six mois de prison pour « partage de renseignements personnels ».

À aucun moment le système ne s’est réellement penché sur le contexte : j’essayais de prévenir un danger mortel.

Tout au long de cette épreuve, j’ai continué à croire que la raison l’emporterait. J’ai plutôt vécu une procédure judiciaire où mon explication était accueillie avec méfiance et où le déséquilibre de pouvoir entre un résident étranger et le système local est devenu écrasant.

Je veux que les Canadiens comprennent quelque chose qu’il est très difficile d’expliquer à moins de l’avoir vécu.

Plus de 50 000 Canadiens vivent actuellement à Taïwan. Beaucoup d’entre eux croient être protégés par les mêmes présupposés que chez eux : que les preuves sont traitées équitablement, que les préoccupations de sécurité sont prises au sérieux et que les étrangers ne sont pas désavantagés de façon systémique.

Mais lorsque quelque chose tourne mal — un accident de la route, un litige locatif, un malentendu —, l’expérience peut être profondément différente pour un étranger. Des situations qui seraient normalement simples peuvent devenir opaques, conflictuelles et profondément déstabilisantes.

Ce qui m’est arrivé n’était pas une injustice théorique. C’était le démantèlement lent de ma vie.

J’ai un filleul à Taïwan. J’ai aidé à l’élever depuis sa naissance. Il a sept ans maintenant, et j’ai déjà perdu une année entière de sa vie. Je le regarde grandir à travers un écran. J’étais là pour les devoirs, les anniversaires, les rituels du coucher — ces petits gestes quotidiens qui donnent à un enfant un sentiment de sécurité. Aujourd’hui, je ne suis plus qu’une voix au téléphone, dans un autre fuseau horaire.

J’ai aussi dit récemment au revoir à mon partenaire depuis huit ans en le conduisant à l’aéroport. Notre vie s’était construite autour de Taïwan. Le Canada n’a jamais fait partie du plan.

Je ne demande à personne de résoudre l’impossible. Je demande quelque chose de bien plus simple :

Que quelqu’un au Canada comprenne ce que cela a fait à une personne.

Que les expériences des Canadiens à l’étranger ne soient pas discrètement écartées lorsqu’elles sont gênantes ou inconfortables.

Que les milliers de Canadiens qui vivent actuellement à Taïwan sachent que des litiges touchant la sécurité, le logement ou des accidents peuvent dégénérer en conséquences qui bouleversent une vie.

Ma souffrance se mesure désormais en années. Elle ne devrait pas être invisible.

Vous trouverez plus d’informations et de documents ici :
/blogs/scam

Merci d’avoir pris le temps de lire ce message.

Cordialement,

Ross Cline 柯受恩
rosscline.com
Nouveau-Brunswick, Canada
+1 (506) 321-8659
iLearn.tw
Taichung, Taïwan


Remarque importante : cet article est un compte rendu factuel d’événements liés à un incident de sécurité, à un litige locatif et à des procédures judiciaires subséquentes. Il est partagé à des fins d’examen documentaire et d’intérêt public. Il ne vise pas à condamner globalement Taïwan ou les Taïwanais. Lorsque je qualifie des événements de « menaçants », « hostiles », « peu clairs » ou « injustes », je décris mon expérience et mon point de vue. Si une partie estime qu’une affirmation est inexacte, j’accueille volontiers un droit de réponse et une rectification fondés sur des documents vérifiables.

Objet de cet article

Cette page documente : (1) la suite des événements telle que je l’ai vécue, (2) les mesures que j’ai prises, (3) les résultats officiels et (4) des liens vers les documents à l’appui.

Contexte

Je suis citoyen canadien et j’ai vécu à Taïwan pendant plus de quinze ans. Durant cette période, j’y ai résidé légalement, dirigé une entreprise d’enseignement de l’anglais et établi des liens personnels et professionnels durables. Taïwan a été mon lieu de résidence principal pendant de nombreuses années.

Incident de sécurité et litige locatif

En novembre 2020, un portail métallique coulissant de ma résidence a cédé après qu’on m’a informé qu’il avait été réparé. J’ai estimé que cette défaillance créait un risque sérieux pour la sécurité. À la suite de l’incident, j’ai signalé le problème et cherché à clarifier la responsabilité des réparations et de l’entretien.

Comme je ne sais pas lire le chinois, j’ai publié en 2021 mon contrat de location et des documents connexes en ligne afin de montrer les conditions d’entretien telles que je les comprenais. Les tribunaux ont conclu par la suite que les documents contenaient des données personnelles de ma propriétaire et qu’une partie de ces documents était restée en ligne pendant des mois ; selon mon propre récit, le bail lui-même n’est resté en ligne qu’environ deux jours, et je l’ai retiré et me suis excusé lorsqu’on m’a dit qu’il contenait des renseignements personnels.

Procédures judiciaires et issue

Des poursuites ont été engagées au sujet de la publication de documents contenant des données personnelles, dont le contrat de location. L’affaire a abouti à une responsabilité pénale pour divulgation de renseignements personnels et à une peine d’emprisonnement de six mois, devenue définitive devant la Cour suprême le 16 octobre 2024.

Précision : mon but ici n’est pas de demander à quiconque d’accepter mon interprétation sans examen. Je demande que toute évaluation se fonde sur le dossier sous-jacent, les dates et les documents officiels.

Conséquences

À la suite de cette issue, j’ai quitté Taïwan sur les conseils de mon avocat et je réside actuellement au Canada. Je ne peux pas retourner à Taïwan sans risquer l’emprisonnement. Cette issue a aussi entraîné la perte de ma résidence, de mes activités commerciales et de relations personnelles de longue date à Taïwan.

Démarches pour obtenir un réexamen

Depuis mon retour au Canada, j’ai contacté des bureaux gouvernementaux et cherché des conseils juridiques et institutionnels. Ma demande a été d’obtenir un véritable dialogue et un examen de préoccupations qui, selon moi, soulèvent des enjeux d’équité procédurale et de droits de la personne, plutôt qu’une ingérence dans des procédures judiciaires.

Situation actuelle

En date de janvier 2026, la peine demeure en vigueur et je reste hors de Taïwan. Je continue de chercher des éclaircissements juridiques et un examen fondés sur le dossier documenté.

Documentation à l’appui

  • Centre de documents (chronologie + documents téléchargeables) : /blogs/scam

Note : par souci de clarté et pour éviter toute confusion, cet article se limite à la suite essentielle des événements et à des liens vers le dossier. Les autres questions et récits parallèles (incidents sans rapport, commentaires ou observations générales) sont volontairement exclus de cette page.


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